Tirana (Albanie), reportage
« À bas la dictature ! » Ce slogan résonne depuis des mois dans les rues de Tirana. Ces derniers jours, il n’est plus scandé par de paisibles citoyens agitant des flamants roses en carton, mais par une jeunesse en colère.
Face au cordon policier qui empêche l’accès au bâtiment du Premier ministre, Rejn brandit un panneau appelant à la révolte. « On ne veut plus être obligés de quitter notre pays à cause du chômage et de la corruption, on veut rester ici, explique cette étudiante en architecture de 18 ans. Mais, avec ce système pourri, on n’a aucune perspective. Et c’est pour ça qu’on est là : pour faire tomber ce régime corrompu, qui est une bouillie de capitalisme et de communisme totalitaire. »
Chaque jour, des milliers d’étudiants manifestent dans le centre de Tirana. Ils réclament le départ d’Edi Rama, au pouvoir depuis 2013, qu’ils accusent de corruption et d’autoritarisme.
Acculé, le Premier ministre diffuse des vidéos le montrant installant lui-même des chaises directement sur le boulevard pour appeler la jeunesse au dialogue. Ces chaises ont chaque fois été détruites et jetées en direction du bâtiment.
« On manifestera jusqu’à ce que nos revendications soient entendues »
« On ne veut pas discuter avec quelqu’un qui nous méprise, dit Tedi, un étudiant en biologie. Cela fait des mois que le peuple demande son départ. Nous, on manifestera jusqu’à ce que nos revendications soient entendues, et malgré la répression de la police. »
Dans la foule qui se masse sur le boulevard central de Tirana, la plupart des manifestants portent des masques de plongée ou FFP2. Au moindre jet de projectiles, les forces anti-émeute font un usage massif des canons à eau et de gaz lacrymogène. Les affrontements sont particulièrement violents en soirée, lors des charges policières.
Lancée fin mai en réaction à un projet de complexe touristique lié…
Auteur: Louis Seiller
