Maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Corte, titulaire de la chaire Unesco « Devenirs en Méditerranée », Sébastien Quenot a été directeur de cabinet de Jean-Guy Talamoni, principal dirigeant du parti indépendantiste Corsica Libera, lorsqu’il était président de l’Assemblée de Corse (2015-2021). Alors allié avec les autonomistes de Femu a Corsica, parti de Gilles Simeoni, toujours président de l’exécutif de la Collectivité de Corse (depuis 2015), Corsica libera a depuis rompu son soutien à la majorité (autonomiste) des élus territoriaux insulaires.
Après cet investissement institutionnel, Sébastien Quenot a renoué avec sa vocation d’enseignant à l’université de Corte, unique faculté de Corse, créée en 1765 lors de l’éphémère République de Pasquale Paoli et interdite après l’achat aux Génois et la prise militaire de l’île en 1769 par la France, avant d’être enfin réouverte en 1981. Un symbole de la citoyenneté corse. Il observe avec attention l’évolution d’une société insulaire, rongée par la spéculation immobilière autour d’un tourisme exponentiel, en proie à des inégalités sociales et une paupérisation croissantes. De quoi nourrir frustrations, révolte et revendications, au lendemain d’une visite récente d’Emmanuel Macron sur l’île, où l’État français ne semble toujours pas entendre les volontés des Corses à gérer eux-mêmes leurs affaires propres.
S’intéressant aussi aux mouvements sociaux, Sébastien Quenot vient de publier une analyse de sciences sociales très fouillée du phénomène du supportérisme du football en Corse, relais et expression d’un certain nationalisme populaire, avide de reconnaissance sociale et politique : Sur les terrains du discours corse (éd. Albiana/Università di Corsica, 460 pages, 25 euros).
Dans la nuit du 8 au 9 octobre, il y a eu plus d’une vingtaine…
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Auteur: Olivier Doubre

