La mort d’Ali Khamenei ouvre une nouvelle page dans l’histoire de l’Iran. Tué samedi 28 février lors de l’attaque israélo-américaine sur Téhéran, le « guide de la révolution » occupait la fonction suprême de la République islamique dans les domaines politique et religieux. C’est donc la pierre angulaire du régime théocratique mis en place en 1979 qui a été touchée. Choisi et installé par le fondateur du système, l’ayatollah Khomeyni, il avait en outre la légitimité d’un combattant de la première heure. Même si un successeur lui est trouvé, l’édifice institutionnel est fragilisé.
D’autant qu’à l’heure du bilan, les échecs du régime et de la dynamique révolutionnaire qu’il entretenait dans la région sont patents. Son hostilité radicale envers Israël s’est traduite par la militarisation de mouvements souvent ralliés sous la bannière de l’islam chiite. Par un effet boomerang, ce réseau d’alliances s’est transformé en risque majeur après l’attaque terroriste du Hamas contre l’État hébreu le 7 octobre 2023. Israël y a trouvé l’occasion de combattre son principal ennemi, avec le soutien des États-Unis.
La République islamique s’est aussi isolée en poursuivant ses programmes nucléaire et balistique. Elle s’est dès lors exposée à des sanctions occidentales qui ont enrayé le développement du pays et accéléré une autre défaite : son rejet par la majorité de la population, illustré par de fréquents mouvements de contestation réprimés dans la violence. Une partie du peuple iranien refuse les diktats politico-religieux et aspire à la liberté. Beaucoup d’autres souffrent de la crise économique provoquée par les sanctions.
Au bord de la déroute, le régime, s’il veut survivre, devra faire d’importantes concessions. Sa chute, brusquée par une intervention menée une fois de plus en violation du droit international, serait une…
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