Castres (Tarn), correspondance
« L’annulation d’un acte administratif enlève toute base légale aux poursuites contre les militants. » Maître Claire Dujardin, avocate des huit prévenus qui comparaissaient devant le tribunal judiciaire de Castres le 12 mars, ne cache pas son mécontentement. Quelques minutes plus tôt, la présidente a décidé de renvoyer le procès des huit « écureuils » — ces militants perchés dans les arbres — dans deux mois, le 6 mai 2025, notamment pour prendre du recul par rapport « à la décision très récente du tribunal administratif de Toulouse ».
Le 27 février, les juges toulousains avaient décidé d’annuler l’autorisation environnementale de l’A69, l’autoroute entre Toulouse et Castres, entraînant par la même occasion l’arrêt immédiat du chantier.
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« On n’avait pas besoin de cette décision pour savoir que notre action dans les arbres était nécessaire et urgente, mais on se sent encore plus légitimes », dit Saiga, l’une des prévenues, qui a passé 40 jours perchée dans sa cabane sur la zad de la « Crem’arbre », à Saïx, en février 2024. Sur le parvis du tribunal de Castres, peu après le renvoi du procès, elle ajoute : « J’étais stressée émotionnellement pour ce procès, de revivre tout cela. J’avais envie de mettre tout cela derrière moi, mais malheureusement, on va encore devoir attendre deux mois. »
« Qui était dans l’illégalité finalement ? »
Maître Claire Dujardin semblait pourtant confiante quant à une possible relaxe des prévenus. « Il existe une jurisprudence de la Cour de cassation du 16 novembre 2010, qui dit clairement que l’annulation d’un acte administratif implique que cet acte est réputé n’avoir jamais existé et prive de base légale toute poursuite engagée…
Auteur: Justin Carrette

