Les violentes inondations qui ont frappé la région de Valence, dans le sud de l’Espagne, mardi 29 et mercredi 30 octobre, ont fait au moins 205 morts et d’importants dégâts selon un bilan toujours provisoire. Un article signé Erwan Manac’h dans Reporterre du 2 novembre 2024 …
Reporterre — Il a plu plus de 400 mm d’eau en quelques heures par endroits autour de Valence, une quantité qui n’avait pas été observée depuis septembre 1996 (520 mm en 24 heures). Lors de tels épisodes extrêmes, les inondations sont-elles une fatalité ?
Clément Gaillard — Il est clairement documenté que ces pluies exceptionnelles vont augmenter en fréquence à cause du réchauffement climatique. De ce point de vue, ce qui nous tombe sur la tête est en effet une fatalité à laquelle il va falloir nous préparer.
Mais il y a quelque chose que nous maîtrisons, c’est la manière dont nous gérons ces épisodes extrêmes, en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme et de traitement des sols.
Valence se situe au bout d’un bassin versant gigantesque. Elle récupère toutes les eaux qui n’ont pas pu s’infiltrer en amont. Par le passé, il existait des zones tampons en périphérie de la ville, mais 9 000 hectares de vergers valenciens ont été détruits entre 1956 et 2011, soit deux tiers de leur surface, comme l’a démontré le géographe Victor Soriano. C’est quasiment la superficie de Paris. Cette urbanisation, à proximité de zones inondables, a augmenté la vulnérabilité.
Après les inondations majeures de 1957, la municipalité de Valence a dévié le fleuve Turia, en aménageant un nouveau lit de 12 kilomètres qui contourne l’agglomération par le sud…
C’est une approche typique de pratiques de l’époque. Nous avons canalisé des cours d’eau, dans de gros tuyaux enterrés ou à ciel ouvert. Sauf que le cycle de vie d’un fleuve, à l’état naturel, n’est jamais complètement régulier. Il se déplace dans…
Auteur: Claude Morizur

