Le bras de fer opposant Washington à Caracas s’est spectaculairement intensifié dans la nuit du 2 au 3 janvier avec l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces étasuniennes. Après des mois de pressions des États-Unis, officiellement au nom de la lutte contre le narcotrafic, l’objectif est désormais assumé : le pétrole.
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Le Venezuela est un pays énergétique majeur. Son sous-sol recèle les plus grandes réserves mondiales de pétrole —plus de 300 milliards de barils y sont enfouis —, tandis que son industrie, affaiblie par les sanctions, la corruption et l’exil des compétences, est aujourd’hui exsangue. Le départ de Nicolás Maduro ouvre la perspective d’un retour massif des majors étasuniennes, sur fond de recomposition géopolitique mondiale, analyse Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project et coauteur de Pétrole, le déclin est proche. En ce sens, la décarbonation n’est pas seulement un impératif climatique, explique-t-il, c’est une condition de souveraineté.
Reporterre — Pourquoi le pétrole est-il au cœur du conflit entre le Venezuela et les États-Unis ?
Matthieu Auzanneau — Le Venezuela possède des réserves de pétrole colossales, parmi les plus importantes au monde, sous forme de pétrole extra lourd. Avec son intervention, Washington remet la main sur un atout stratégique majeur.
Le monde des producteurs et exportateurs de pétrole fonctionne comme un immense échiquier, décisif pour comprendre la géopolitique mondiale : le pétrole, c’est l’énergie, donc la puissance — économique, politique, militaire. En reprenant le contrôle du Venezuela, les États-Unis récupèrent une pièce décisive.
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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

