C’est une comparaison que vous avez sans doute déjà croisée sur les réseaux sociaux. Face à la production d’un steak, la quantité d’eau requise pour une requête sur ChatGPT serait dérisoire. On peut par exemple lire que l’élevage industriel consomme 228 fois plus d’eau que l’IA. À savoir, 1 km3 d’eau consommés chaque année par les data centers d’ici 2028, contre 228 km3 (d’eau bleue) pour l’élevage.
Passons sur le fait que les données liées aux centres de données reposent sur des projections, et qu’elles émanent d’une banque américaine (on pourrait plutôt retenir les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, qui évalue la consommation des data centers à 560 milliards de litres d’eau en 2023). Le plus problématique, c’est que ce type de comparaison confine au whataboutisme, et nous invite au fond à relativiser l’impact de nos usages de l’intelligence artificielle (qui explosent).
Or l’enjeu est tout sauf anodin. Avec l’augmentation de la puissance des data centers dédiés à l’IA, et les effets toujours plus prégnants du réchauffement climatique qui mettent à mal les systèmes de refroidissement (voir le premier volet de notre enquête), il faut toujours plus de ressources pour rafraîchir ces entrepôts. Les impacts sont néanmoins très variables en fonction des régions, selon les technologies de refroidissement utilisées ou encore leur vulnérabilité aux sécheresses.
Comment refroidit-on les data centers ?
Pour comprendre les enjeux autour des systèmes de refroidissement (et la consommation d’eau et d’électricité que cela implique), il faut d’abord distinguer les data centers « classiques » (qui permettent de faire tourner des applications de cloud publiques, Google Drive, Microsoft, etc.) des data centers dédiés à l’IA encore à l’état de projet en France, et dont la puissance annoncée (jusqu’à 1 GW) est comparable, dans…
Auteur: Sophie Kloetzli
