En suivant le trajet d’un soutien-gorge glissé dans une valise, la sociologue Beatrice Zani révèle les trajectoires de jeunes femmes migrantes entre la Chine et Taïwan. Et brise l’image d’un capitalisme géré par la seule « haute finance ».
Beatrice Zani n’est pas seulement dotée de compétences multilingues hors du commun et d’une dose d’empathie qui lui permet de nouer des liens avec des personnes de tous milieux et de toutes nationalités. Elle possède aussi l’art du récit. Quelles sont les origines d’un soutien-gorge orange fluo embarqué sur un conteneur traversant le détroit de Taïwan, et que devient-il ? À partir d’une interrogation qui peut paraître anecdotique, la chercheuse parvient à étudier et à mettre à notre portée les parcours sociaux, économiques, mais aussi émotionnels des jeunes femmes migrantes, apportant un regard totalement nouveau sur ces trajectoires de vie.
Le parcours personnel de Beatrice Zani n’est pas banal non plus. Née en Italie, elle quitte Milan pour un cursus en sciences sociales à Sciences Po Lyon, puis part en Chine et s’installe en colocation à Nankin avec des jeunes femmes chinoises, loin de toute diaspora française ou italienne, pour bien apprendre la langue. Elle rédige alors une thèse sur les jeunes femmes migrantes chinoises, poursuit avec un postdoctorat à l’université de Tübingen (Allemagne) et un autre à l’université McGill (Canada),…
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