C’est un mouvement insidieux, une petite musique qui revient comme une rengaine. Face à la catastrophe climatique et à l’horizon qui se couvre, les autorités nous enjoignent à la « responsabilité » et à la « résilience ». Depuis la pandémie de Covid-19, le gouvernement, qui n’a pas su gérer l’ampleur de la crise sanitaire, promeut à l’excès l’engagement individuel de la population face aux crises. Il nous fait entrer de plain-pied dans une nouvelle époque. L’ère du capitalisme apocalyptique, sur fond de discours guerriers.
« Chaque jour, vous êtes témoins d’un monde en crise. Notre société doit s’adapter pour être plus forte. Chaque citoyen est acteur de sa sécurité et de celle de la Nation. » C’est ainsi que commence le tout nouveau manuel de survie écrit par le gouvernement à l’attention des Français et des Françaises.
Publié le 20 novembre et intitulé « Tous responsables », ce guide donne des conseils pour « se préparer » aux catastrophes naturelles, nucléaires, sanitaires et terroristes. Il invite chaque famille à se constituer « un kit d’urgence » — avec des provisions de nourriture, de l’eau, des médicaments, une radio, etc. — pour tenir au moins 72 heures. Le manuel commandé il y a quelques années par Jean Castex, alors qu’il était à la tête du gouvernement, s’inspire des livrets déjà édités par la Suède, la Norvège et la Finlande, face à la menace russe.
Vers un survivalisme d’État
Sa diffusion dans les boîtes aux lettres a finalement été abandonnée — il devait être imprimé massivement — pour ne pas plomber le moral des Français à la veille des fêtes de fin d’année. Sa publication est restée cantonnée aux sites des ministères, sous format numérique. Son contenu n’en reste pas moins déconcertant et anxiogène.
« Préparez-vous à faire face : vous et vos proches pourriez être amenés à affronter une…
Auteur: Gaspard d’Allens

