Il faut parfois regarder la réalité en face, même lorsqu’elle dérange. Le vote du Parti socialiste en faveur du budget de la Sécurité sociale — un budget dont l’orientation générale s’inscrit dans une logique de rigueur et de restrictions — marque un tournant politique. Ou plutôt, il confirme une évolution en cours depuis longtemps : le PS ne se positionne plus, dans les faits, comme un parti de gauche au sens traditionnel du terme.
Soyons clairs : soutenir un budget qui organise la poursuite de politiques restrictives envers les hôpitaux, les soignants, les prestations sociales, tout en évitant soigneusement d’aller chercher l’argent où il est, n’a rien d’un choix progressiste. On peut appeler cela « responsabilité », « compromis », ou « sens de l’État » si l’on veut adoucir les mots. Mais si l’on reste fidèle au vocabulaire de la gauche — justice sociale, redistribution, défense des services publics, rupture avec les logiques néolibérales — alors ce vote n’est tout simplement pas cohérent.
Ce n’est pas seulement une question de posture ou de symbolique. C’est une question de cap politique. En choisissant d’accompagner, même partiellement, une orientation budgétaire qui ne rompt en rien avec les politiques austéritaires, le PS montre où il se situe désormais : dans cet espace politique centriste où l’on gère, on ajuste, on corrige à la marge… mais où l’on ne transforme plus rien.
Est-ce un mal en soi ? Chacun aura son avis. Mais ce qui est certain, c’est qu’on ne peut plus entretenir l’ambiguïté. Invoquer « la gauche » comme une étiquette historique alors que les actes s’en éloignent progressivement entretient une confusion nuisible pour le débat démocratique.
La clarification est donc salutaire : le PS n’est plus un parti de gauche au sens transformation sociale. C’est un parti social-libéral assumant des compromis avec des politiques qu’il…
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