Avant-poste du fascisme moderne
La prison de Guantanamo Bay a été créée en dehors du territoire des EU, sur l’île de Cuba, dans une zone sous occupation militaire étasunienne. Depuis la révolution de 1959, Cuba réclame en vain la restitution de cette partie de son territoire. L’installation à Cuba d’un camp de prisonniers pour des centaines de musulmans proclamait au monde que Guantanamo était une construction en dehors de tout cadre légal. Ni les lois étasuniennes, ni les conventions et accords humanitaires internationaux, adoptés depuis la Seconde Guerre mondiale, ne s’y appliqueraient. Si nous voulons comprendre pourquoi aucune résolution internationale n’a d’effet à propos du génocide à Gaza, il faut en revenir à l’illégalité totale de Guantanamo.
Comment Biden a déroulé le tapis rouge pour Trump
Avant de disparaître de la Maison Blanche, l’ancien président Joe Biden a libéré onze prisonniers yéménites à la mi-janvier et les a fait transférer à Oman. Un mois plus tôt, il avait libéré Ridah Bin Saleh al-Yazidi, un Tunisien de 59 ans, et l’avait transféré en Tunisie. Cet homme a passé vingt ans à Guantanamo sans n’être inculpé ni jugé. En décembre dernier, il a libéré un prisonnier kenyan et l’a transféré au Kenya. Cet homme a passé quatorze ans à Guantanamo. À la suite de ces libérations, l’armée des EU a fait savoir qu’il y restait désormais quinze prisonniers, dont trois sont susceptibles d’être libérés. Trois autres doivent comparaître devant le Periodic Review Board, un comité qui statue sur la libération ou la poursuite de la détention sans inculpation.
Tout comme Obama, Biden n’a pas fait ce qu’il avait promis solennellement et ce que ses derniers jours en tant que président lui permettaient de faire : fermer le camp de la honte de Guantanamo une fois pour toutes, évacuer la base et accorder des réparations pour les souffrances et les tortures infligées…
Auteur: Luk VERVAET

