Au milieu des adultes, ils sont là : des adolescents plongés dans le chaos du dispositif de distribution de colis alimentaires mis en place la semaine dernière par Israël et les États-Unis. « Je suis venu pour trouver de quoi nourrir mes petits frères, raconte Bilal, 15 ans, en sueur. J’aurais pu y laisser ma vie. » Sur sa frêle épaule, le Gazaoui tient fermement un carton en partie déchiré. À l’intérieur, quelques boîtes de conserve, du riz, des pâtes, des fèves et une bouteille d’huile.
« Au départ, on devait avancer dans un couloir vraiment très étroit, et attendre pour avoir notre part. Mais, à un moment, la situation est devenue incontrôlable. Et les soldats américains chargés de nous surveiller se sont retirés. J’ai entendu plusieurs tirs après ça. » Bilal sourit, soulagé d’avoir réussi à arracher de quoi nourrir sa famille pendant quelques jours. Sa peau est brûlée par le soleil et par le vent qui balaie la bande de Gaza depuis plusieurs jours. Le jeune garçon est trop maigre pour son âge. Trop fatigué également. Parce que les adolescents sont considérés comme plus agiles, plus résistants, chaque jour ils parcourent des kilomètres au milieu des tentes et des ruines pour trouver des aliments, de l’eau ou de quoi faire du feu.
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Selon l’ONU, les enfants représentent près de la moitié des deux millions de Gazaouis obligés de quitter leur maison ou leur appartement depuis le début de la guerre. La grande majorité a dû fuir à plusieurs reprises les opérations de l’armée israélienne. Et à chacun de ces déplacements forcés, sur les images diffusées par les journalistes palestiniens, ce sont encore des jeunes filles et des jeunes garçons…
Auteur: Céline Martelet

