Aya Nakamura et le pays où la race n’existe pas

Face à l’offensive contre l’artiste Aya Nakamura – évoquée pour la cérémonie d’ouverture des JO de Paris – menée par la droite et l’extrême droite, une partie de la gauche et ceux et celles qui se réclament du centre-gauche nous offrent une fois de plus le spectacle de leur incapacité à nommer les choses, trop accrochés à un cadre idéologique qui n’a jamais été à la hauteur de la compréhension de la race comme générateur de la modernité et du contrat racial.

La misogynoir (1) dont est victime Aya Nakamura est éclipsée dans les discours par une focalisation sur la classe ou, pire, en proposant l’État-Nation comme rédemption (Aya, c’est aussi la France). Ces deux positions qui nomment le racisme du bout des lèvres, peinent à expliquer les nombreuses références racistes et symptômes de la persistance de l’idéologie coloniale.

Aya Nakamura est une femme issue des classes populaires, avec ce peuple imaginaire et imaginé, dont l’extrême droite se pose en défenseuse. Sa réussite professionnelle est incontestable et inégalée dans son domaine, validant le mythe méritocratique de la bourgeoisie. C’est parce qu’elle est une femme noire, ayant réussi dans cette catégorie, qu’Aya Nakamura est la cible idéale des identitaires et des bourgeoisies. Il lui est impossible de coller à la représentation nationale car Noire, et elle sera à jamais une parvenue.


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De façon ironique, dans cette période saturée par les discours, ouvrages, récits et autres contenus sur les transfuges de classe, les pourfendeurs de la centralité de l’analyse de classe sur la race n’ont pas recours à ce thème pour défendre Aya Nakamura. Comme je l’explique dans mon ouvrage Et maintenant le…

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Auteur: Fania Noël

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