Il y a exactement cinq ans, sortait un film qui nous a immédiatement séduits. Séduits, parce qu’il nous renvoyait l’image d’un pouvoir détestable. Séduits par son habileté spartiate, autant que par la minutie apportée sur le fond.
Une constance dans les détails, un raffinement « psychorigide », qui accomplit toutefois l’exploit de se soustraire aux maniaqueries.
Calme.
Élégance.
Pudeur et bienséance.
L’œuvre talonne de si près son sujet qu’elle en adopterait la marche.
Une logique implacable, une montée en tension glaçante, un dénouement sordide, historique et documenté.
Claustrophobie des grands espaces,
Le verbiage de la haute en grand,
Entre le cuir ciré des bottes et la soie blanche d’un tailleur crème.
Une gradation dans la bêtise, et donc toujours dans l’infamie.
La bête immonde est innocente : elle s’est peignée en souriant.
Il y a cinq ans, exactement, et nous soufflons sur les bougies.
[Pour lire le Visionnage conseillé avant lecture précédent, c’est par ici :
L’épreuve du feu, entretien avec le réalisateur Aurélien Peyre
La mort n’existe pas, entretien avec le réalisateur Félix Dufour-Laperrière
Cassandre, entretien avec la réalisatrice Hélène Merlin
L’inspiration d’ Azor semble avoir trouvé son origine dans un carnet de notes de ton grand-père, banquier suisse parti pour un séjour en Argentine, ou plus précisément, dans l’absence de tout commentaire y concernant la dictature. Ton film s’ouvre aussi sur l’absence d’un personnage, sur sa disparition et sur le manque qu’elle provoque. Et enfin, il aborde une histoire d’une violence extrême dans une absence totale de violence à l’écran. On dit souvent que le mystère surgit de l’absence, de l’absence de réponse, de résolution, de clarté. Néanmoins, l’absence est si fondamentale à toutes les étapes de ton film qu’elle m’a conduit à m’interroger sur le rapport singulier que tu sembles…
Auteur: dev
