Dix ans après sa disparition, B. B. King fascine toujours. Peu technique, incapable de jouer des accords complexes ou de chanter en jouant, il a pourtant marqué l’histoire du blues. Son secret ? Une manière unique de jouer « faux » – ou plutôt, de faire vibrer chaque note dans l’espace infime entre justesse et émotion.
Certains pensent que B. B. King n’était pas un grand guitariste. Parmi eux, B. B. King lui-même. En 2012, il déclarait :
« Je me définis comme un chanteur de blues, mais vous ne m’entendrez jamais dire que je suis un guitariste de blues. Pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de musiciens qui sont bien plus doués que moi, qui jouent le blues bien mieux que moi. »
Et c’est vrai, son vocabulaire musical était limité. B. B. King a un jour confié à Bono : « Je galère avec les accords alors ce qu’on fait, c’est que je prends quelqu’un d’autre pour s’en charger… Je suis nul en accords. » Il a même affirmé qu’il était incapable de jouer et de chanter en même temps.
En effet, B. B. King n’était pas un guitariste très technique. Bien qu’il ait été l’un des premiers à connaître de grands succès avec des solos de guitare électrique à une seule note, il a été suivi par une vague de musiciens plus savants et polyvalents, aux premiers rangs desquels Eric Clapton, Bonnie Raitt, Robert Cray et Stevie Ray Vaughan.
Malgré cela, il a rempli des salles jusqu’à 80 ans passés, et il demeure l’un des guitaristes les plus adulés et les plus respectés de l’histoire de la musique. Alors qu’est-ce donc qui nous a tant captivés dans le jeu de King ? Je pense que la réponse réside dans le fait qu’il ne jouait jamais parfaitement juste.
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Auteur: Joe Bennett, Dean, Boston Conservatory

