L’Union européenne (UE) a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 4 % en un an. L’information a été publiée par Eurostat, le service de la statistique européenne, le 16 août dernier. Cela fait aussi -14 % depuis 2019, soit la période avant le Covid-19. Une bonne nouvelle, en trompe-l’œil seulement, explique Bastien Cuq, responsable énergie au Réseau Action Climat (RAC).
Reporterre — L’Union européenne a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 14 % en cinq ans. Peut-on s’en réjouir ?
Bastien Cuq — C’est une bonne nouvelle. Une grande partie de ce chiffre peut s’expliquer par une hausse de la place des énergies renouvelables dans le mix d’électricité. Un rapport du groupe de réflexion sur les énergies Ember indique qu’il y a, entre 2019 et 2023, une baisse de 22 % de l’électricité produite à partir d’énergies fossiles ; notamment charbon et gaz. Cela s’explique presque uniquement par l’augmentation de l’éolien et du solaire, plutôt que du nucléaire.
Dans un autre rapport qui compare 2023 à 2022, Ember note que les émissions de CO2 liées à la production d’électricité en Europe ont baissé de 19 % et que cela s’explique d’abord par la baisse de la demande, ensuite par l’augmentation de l’éolien et du solaire et un tout petit peu par le rebond du nucléaire et de l’hydraulique. Mais c’est seulement la troisième cause, et de loin.
On peut donc se réjouir de cette baisse des émissions, elle montre qu’on arrive à remplacer progressivement les énergies fossiles en Europe par des énergies renouvelables. Et cela s’accompagne d’une baisse de la production d’électricité dans l’UE.
Des baisses record des émissions de CO2 ont déjà été annoncées depuis le début de l’année en Allemagne et en France. Elles sont en réalité dues à la hausse des prix de l’énergie, à une sobriété subie. Qu’en est-il pour l’Union…
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Auteur: Marie Astier

