De prestigieuses maisons de couture travaillent en collaboration avec des fournisseurs de cuir, dont certains élevages illégaux participent au ravage de l’Amazonie. Et ce, à proximité immédiate de Belém, au Brésil, futur théâtre de la COP30 sur le climat. Telles sont les révélations, publiées le 24 juin, par le groupe d’investigation britannique Earthsight.
L’enquête s’appuie non seulement sur une panoplie de décisions de justice, d’images satellite et de registres d’expédition, mais aussi sur l’infiltration de la chaîne d’approvisionnement d’un géant étasunien de la maroquinerie, l’entreprise Coach. Les auteurs sont ainsi parvenus à remonter jusqu’aux portes d’un immense abattoir « ayant acheté des milliers de bovins élevés sur des terres illégalement déboisées ».
Les récentes pertes de la forêt amazonienne au Brésil sont provoquées par l’élevage — souvent illégal, assurent-ils. État le plus touché, le Pará a vu brûler une zone équivalente à presque deux fois la superficie du Portugal, en seulement deux décennies. « Nulle part d’autre au Brésil les peuples indigènes ne sont autant affectés par la déforestation qu’au Pará, alerte Earthsight. Les Parakanã ont subi des décennies d’invasions de leurs terres, avec 6 attaques armées recensées ces 6 derniers mois seulement. »
Au-delà de Coach, bien d’autres sociétés pourraient être impliquées. Presque tout le cuir du Pará acheminé vers l’Europe arrive en Italie, « y compris les peaux de l’abattoir suspect ». Dès lors, celles-ci sont transformées et rebaptisées « cuir italien ». Les tanneries en question vendent ensuite leurs produits à de multiples acheteurs, comme Chanel, Hugo Boss, les marques Fendi et Louis Vuitton du groupe LVMH ou encore Balenciaga, Gucci et Yves Saint Laurent.
Face aux révélations…
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