Inventé à Hawaii, le surf gagne en popularité depuis les États-Unis et l’Australie à partir des années 1950 pour devenir un phénomène global. Pratiqué dans plus de 150 pays, il se diffuse à travers le monde par l’intermédiaire des médias et du tourisme. Le tourisme de surf implique de voyager depuis sa résidence principale vers une destination où le touriste s’attend à attraper des vagues, avec ou sans planche (on parle alors de body surf ou de body board notamment). Les personnes qui s’adonnent à cette forme de tourisme d’aventure peuvent être des surfeurs assidus, pratiquants plus ponctuels ou des débutants qui entendent apprendre à surfer durant leur séjour.
Un imaginaire californien
Pour le grand public, le tourisme de surf est associé à des symboles et des images exotiques qui ont été fabriquées par des maisons de productions californiennes. Columbia Pictures en 1959 ou encore Paramount Pictures en 1961 popularisent le surf auprès de la classe moyenne à travers des films faisant l’apologie du voyage et l’évasion, le temps d’un été. Toutefois, le film The Endless Summer réalisé et produit par Bruce Brown en 1966 remporte le plus grand succès dans les salles de cinéma. Les spectateurs y découvrent deux Californiens qui parcourent le monde à la recherche de la vague parfaite : vague qu’ils trouvent en Afrique du Sud. Par-delà la nature apparemment innocente de ce « safari surf » ou « surfari », le film est imbu d’anciennes ambitions coloniales.
Les Californiens expliquent aux habitants du continent africain que les vagues sont des ressources inexploitées qui peuvent être nommées et domptées. Cette domination culturelle de l’occident sur des populations de pays économiquement moins riches imprègne le tourisme de surf, tout au long des décennies à venir. Par exemple, depuis les…
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Auteur: Jérémy Lemarié, Maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA)

