Le vélo roule encore, mais il est recouvert d’une épaisse poussière noire. À l’arrière, une couverture rose dépasse du panier en plastique destiné normalement aux provisions. « Elle n’avait qu’1 an », lance le jeune Gazaoui, qui semble errer dans les rues avec sa bicyclette. Avec délicatesse, il relève un peu la couverture pour montrer aux passants le corps sans vie d’un bébé. Son visage est recouvert de sang mêlé à la poussière. Ses yeux sont fermés.
Tout autour, des enfants curieux viennent voir le cadavre. Face à la violence de cette scène, aucun adulte ne pense à les éloigner. « Ma fille ne voulait rien d’autre que vivre, avoir une belle vie, rire et être en paix. Mais où est la communauté internationale ? », s’exclame le père de la petite victime. En état de sidération, il est incapable de pleurer et répète à plusieurs reprises : « Le monde entier va voir cela, mais personne ne va bouger le petit doigt. »
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Depuis le 18 mars, des centaines de vidéos défilent à nouveau chaque jour sur les réseaux sociaux. Elles sont publiées par des journalistes palestiniens. Sur les images, toujours ces enfants blessés, tremblants de terreur après avoir survécu à une frappe aérienne israélienne. Sur les images, toujours des cadavres, des blessés emmenés vers les quelques hôpitaux qui fonctionnent encore. Ils sont transportés dans les coffres de voitures ou sur des charrettes tirées par des chevaux exsangues. Il n’y a quasiment plus aucune ambulance dans la bande de Gaza.
Une fois encore, Benyamin Netanyahou a mis ses menaces à exécution. Le 16 février dernier, le premier ministre israélien s’est dit prêt à ouvrir les « portes de l’enfer » dans la bande de Gaza si…
Auteur: Céline Martelet

