Les alliances entre les humains et le monde animal, idée maîtresse de l’œuvre du philosophe Baptiste Morizot, peuvent-elles nous aider à faire face aux conséquences du changement climatique ? Rendre l’eau à la Terre (Actes sud), écrit sous la forme d’un dialogue entre les textes du philosophe et les aquarelles de l’artiste et paysagiste franco-américaine Suzanne Husky, propose une rencontre érudite et exaltante avec un des grands bâtisseurs des zones humides d’Europe et d’Amérique du Nord : le castor.
Le rongeur, dont la puissance créatrice a été effacée de nos mémoires par des siècles d’extermination, construit des barrages pour se mettre à l’abri sous les eaux et irriguer les terres qui le nourrissent. Ce faisant, il inonde les berges et devient le « chef d’orchestre » d’un « monde rivière » aussi riche que complexe.
En s’inspirant de ses méthodes, aux antipodes de notre ingénierie mécanisée, des hydrologues visionnaires étasuniens ont entrepris de restaurer les milieux humides avec les seules ressources que leur offrait la rivière. Un processus low-tech dessinant une voie d’adaptation aux conséquences du changement climatique par l’« autoguérison » du monde. Inspirés par ces découvertes, Baptiste Morizot et Suzanne Husky ont construit leurs propres « ouvrages castor » pendant deux ans, notamment dans la Drôme, et livrent un récit saisissant.
Reporterre — Pourquoi le castor ?
Suzanne Husky — Le lien entre castor et climat était fait aux États-Unis, dans le cadre d’une littérature déjà riche. J’en ai parlé à Baptiste Morizot dont j’admirais le travail. Il s’en est emparé et c’est de cet aller-retour qu’est venue l’idée de collaborer, dans un format singulier. En tant qu’artiste, c’était une manière originale de travailler. Nous nous sommes nourris l’un l’autre, avec énormément de temps passé sur le terrain, pendant deux ans.
Baptiste Morizot…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Erwan Manac’h, Mathieu Génon

