La capitaine Béatrice Hainaut, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, sourit lorsqu’on évoque le terme de « guerre de l’espace ». Pour accrocheur qu’il soit, il décrit bien mal des opérations spatiales qui ne sont pas comparables aux actions terrestres. « Militarisation » et « arsenalisation » sont préférables, quoique souvent mal compris.
« La militarisation consiste à utiliser des satellites et des systèmes spatiaux à des fins d’usages et d’applications militaires, tandis que l’arsenalisation de l’espace consiste à utiliser l’espace à des fins agressives, offensives, c’est-à-dire chercher à détruire d’autres moyens spatiaux », définit la chercheuse.
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À ce titre, les activités spatiales ont toujours été majoritairement militaires, bien que les États ne s’affrontent pas ouvertement dans l’espace. Néanmoins, la situation contemporaine connaît bien une évolution, comme le constate le sociologue et député insoumis Arnaud Saint-Martin : « Il y avait une sorte de statu quo depuis la guerre froide, les forces se neutralisaient. Mais quelque chose est sans doute en train de basculer en termes d’intensité. »
L’attaque du réseau de satellites Viasat attribuée à la Russie (…) a eu des conséquences sur des éoliennes en Allemagne.
B. Hainaut
La création, au sein des armées, de branches dévolues au spatial s’inscrit dans cette dynamique, qu’il s’agisse de la Space Force états-unienne, qui fête ses six ans d’existence, ou du Commandement de l’espace en France, intégré à l’armée de l’air « et de l’espace » depuis 2019. Pour Arnaud Saint-Martin, « il s’agit d’une précision de…
Auteur: François Rulier

