« Attendre une semaine pour se retrouver au point de départ… », soupire le sénateur LR, des Hauts de Seine, Roger Karoutchi, quelques minutes après la nomination de François Bayrou à Matignon. Dans les rangs de la droite, c’est peu dire que l’identité du nouveau Premier ministre, dévoilée après une matinée pleine de suspense, ne fait pas lever les foules.
Les relations entre François Bayrou et la droite sont faites de rancœurs mutuelles depuis que l’ancien patron de l’UDF, soucieux de son autonomie et croyant dur comme fer à son destin présidentiel, a refusé d’intégrer l’UMP en 2003. « François Bayrou a refusé d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle en 2007. Il a appelé à voter François Hollande en 2012 puis Emmanuel Marcon en 2017. Je ne comprends pas pourquoi les socialistes ne veulent pas intégrer son gouvernement », ironise Roger Karoutchi.
Entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou, c’est une haine réciproque qui caractérise leur rapport, exprimée dans des livres. « Il a toujours trahi ceux qu’il a choisis », écrivait en 2020 l’ancien chef d’Etat dans, « Le temps des tempêtes » (éditions de l’Observatoire). Onze ans plus tôt, le patron du Modem avait consacré un ouvrage entier à sa détestation du pouvoir sarkozyste dans « Abus de Pouvoir » (ed. Plon). Ce n’est pas pour rien que l’ancien Président a œuvré toute la semaine pour contrer la nomination…
Auteur: Simon Barbarit

