Voilà donc François Bayrou au pied du mur. Ou, plus exactement, à un pas de la porte de sortie. Le premier ministre a choisi de mettre son poste en jeu, en sollicitant un vote de confiance des députés sur la question du déficit public. Elle ne lui sera vraisemblablement pas accordée. Sans doute n’a-t-il pas fait ce qu’il fallait, c’est-à-dire envoyer les bons signaux pour construire avec d’autres la confiance qu’il réclame. Au risque, c’est ce qui lui sera reproché, d’alimenter la crise politique : avec son probable départ, le président de la République doit partir à la recherche d’un cinquième premier ministre depuis 2022. Un record sous la Ve République, et un saut dans le vide.
Mais soyons justes, François Bayrou n’est pas le seul responsable de la situation. Il faut être au moins deux pour établir une relation de confiance et, dans l’affaire, personne ne s’est montré à la hauteur. Entre les électeurs et leurs représentants, entre les députés et le gouvernement, entre les Français eux-mêmes, la défiance est généralisée. L’intelligence collective et le sens des responsabilités sont portés disparus. Résultat, toutes les idées mises sur la table sont balayées les unes après les autres. Pas question de toucher aux retraites ni au nombre de jours fériés, à la fiscalité des plus riches ou aux dépenses de santé… Mais pas question non plus de laisser filer la dette.
Si la France veut sortir de cet immobilisme, elle doit retrouver le chemin de la confiance. Il contient une part de risque, celui de la main tendue. Il oblige à établir un espace de dialogue, à s’en remettre à d’autres. Faire confiance, c’est donc accepter une part de vulnérabilité. Mais passer son temps à tout défier, se draper dans la pureté de celui qui ne s’est pas trompé, enferme dans l’inaction. Sans confiance, il n’y a pas de démocratie vivante.
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