Ben Morea, figure emblématique du groupe révolutionaire « Up Against The Wall, Motherfuckers » et fondateur du magazine Black Mask est décédé le 2 mai dernier. Formé en 1966, ceux que Abbie Hoffman qualifiait de « cauchemard des classes moyennes » et de phénomène « anti-médiatique simplement parce que leur nom ne pouvait être imprimé », le groupe des « Motherfuckers », donc, affirmait que l’art révolutionnaire devait faire intégralement partie de la vie et ne jamais se soumettre à la marchandise. Contrairement à tant de ses contemporains, Ben Morea resta fidèle à la fureur de sa jeunesse dont il ne renia jamais le moindre de ses excès. En hommage et avec le souvenir de joyeuses discussions dans la cave d’un bar de New-York il y a bien longtemps, nous publions ici la traduction de quelques extraits de la revue Black Mask.
Pour davantage de contexte, nous renvoyons vers cette interview de Ben Morea que nous avions publiée en 2018.
L’ÉVEIL D’UN ESPRIT NOUVEAU
Un esprit nouveau se lève. Comme les rues de Watts, nous brûlons de révolution. Nous assaillons vos Dieux – – Nous chantons votre mort. BOUSILLEZ LES MUSÉES – – notre lutte ne peut pas être suspendue à des murs. Que le passé s’effondre sous les coups de la révolte. La guérilla, les Noirs, les hommes du futur, nous sommes tous à vos basques. Au diable votre culture, votre science, votre art. À quoi servent-ils ? Votre massacre de masse ne peut plus être dissimulé. L’industriel, le banquier, la bourgeoisie, avec leur prétention illimitée et leur vulgarité, continuent d’accumuler l’art pendant qu’ils égorgent l’humanité. Votre mensonge a échoué. Le monde se soulève contre votre oppression. Il y a des hommes aux portes qui cherchent un monde nouveau. La machine, la fusée, la conquête de l’espace et du temps, ce sont là les graines de l’avenir qui, libérées de votre barbarie, nous porteront vers l’avant. Nous sommes prêts – –
QUE LA LUTTE COMMENCE.
(Black…
Auteur: dev

