Ganvié, cité lacustre perchée sur le lac Nokoué est l’une des principales curiosités touristiques du Bénin. Témoin de l’ingéniosité et de l’adaptation de l’Homme à l’eau, cette cité est en train de subir des mutations qui risquent de lui faire perdre ses repères authentiques.
Les cinq cités lacustres au sud du Bénin.
© Fèmy Fagla, 2017
Arrondissements de Ganvié 1 et 2 au sein de la commune de Sô-ava.
© Péroline Gonçalves, 2015
En plus d’être un habitat lacustre, c’est une cité socio-écologique auto construite qui comptait 37172 habitants en 2013, d’après le quatrième recensement général de la population et de l’habitat .
Le double caractère de cité socio-écologique et de milieu auto construit fait de Ganvié la plus grande cité lacustre vernaculaire en Afrique de l’Ouest. En termes de taille de population, il serait logique de penser à Makoko au Nigéria. Mais la différence est que Makoko, bien qu’il soit un habitat lacustre, est un bidonville informel situé dans la baie de Lagos. A contrario, Ganvié baigne dans un processus ethnoculturel et socio-écologique vieux d’au moins trois siècles. Ganvié est plus âgé que le pays dans lequel il se trouve : le Bénin.
Dans cet article, nous allons présenter succinctement sa transformation en cours. Puis nous critiquerons le comparatif de Venise d’Afrique.
Une cité tricentenaire
Le processus ethnoculturel qui a mené à la naissance de Ganvié remonte au 17e siècle et s’identifie aux migrations forcées engendrées par le commerce triangulaire et la traite des êtres humains. Durant cette période, de nombreux groupes ethniques et/ou claniques vont devoir fuir face aux attaques des puissants royaumes africains et des raids des marchands esclavagistes le long du golfe du Bénin. Dans la région du…
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Auteur: Fèmy Fagla, M. Urb., Doctorant en études urbaines, Université du Québec à Montréal (UQAM)

