Lors de l’ouverture de la Berlinale, le 12 février, les membres du jury, présidé par Wim Wenders, ont été interrogés sur le fait que le festival a soutenu les peuples iranien et ukrainien mais jamais les Palestiniens, et alors que l’État allemand se refuse de parler de génocide à propos de Gaza. À la question : « Défendez-vous, en tant que jury, cette approche sélective des droits humains ? », le réalisateur des Ailes du désir a répondu : « Nous devons rester en dehors du jeu politique, parce que si nous faisons des films profondément politiques, nous entrons dans le champ de la politique. Mais nous sommes un contrepoids à la politique, nous sommes le contraire de la politique. Nous devons faire le travail des gens, pas celui des politiciens. »
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Trois phrases traduisant une gêne évidente, loin d’être à la hauteur de la situation. Le réalisateur de Land of Plenty, l’ami de Bono aux engagements spectaculaires sinon ostentatoires, pensait-il vraiment ce qu’il disait ou s’est-il réfugié derrière ces propos affligeants pour ne pas faire de vague ? Raté : l’écrivaine Arundhati Roy a annulé sa venue, tandis que deux films ont été retirés d’une sélection parallèle en solidarité avec le cinéma palestinien. La polémique est telle que la directrice de la Berlinale a cru nécessaire de prendre la défense du président de son jury, notamment par ces mots : « On ne saurait contraindre [les artistes] à s’exprimer sur toutes les questions politiques qui leur sont soumises, s’ils ne le souhaitent pas. » Certes, mais de là à ce que les cinéastes fassent les autruches…
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Auteur: Politis

