Comment bloquer le pays ? Quels enseignements tirer du mouvement « Bloquons tout » ? Olivier Besancenot (ex-porte parole du NPA) et Simon Duteil (ex-porte parole de Solidaires) analysent la nouvelle séquence de mobilisation ouverte depuis le 10 septembre et esquissent des perspectives pour l’après 18 septembre.
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 200 000 personnes ont participé à la journée du 10 septembre, construite en dehors des cadres traditionnels de mobilisation. Pour ce jeudi 18 septembre, les renseignements territoriaux pronostiquent la présence de 800 000 personnes dans les manifestations. Est-ce que ce sont des signes annonciateurs d’un grand mouvement social à venir ?
Olivier Besancenot : Comme d’habitude, on ne sait pas. Mais il y a des choses positives notables dans le mouvement du 10 septembre. D’abord la participation à des assemblées générales (AG) de préparation. C’est important de voir qu’il y a une auto-organisation dans le mouvement. On avait quand même tous et toutes noté que cela avait manqué en 2023, lors de la bataille contre la réforme des retraites. Même dans les secteurs les plus combatifs, chez les cheminots par exemple, il y avait peu de monde dans les assemblées générales et donc une difficulté à reconduire les grèves.
La pratique des AG est en perte de vitesse depuis au moins le début des années 2000. En 2003, lors de la bataille contre la loi Fillon sur les retraites, je me souviens d’AG interprofessionnelles où on était 800 à 900 à la bourse du travail de Gennevilliers. Les années suivantes s’il y avait 150 personnes, c’était un grand maximum. Est-ce que cette auto-organisation sera durable ? Impossible à dire. Mais on note qu’il se passe des choses, chez les hospitaliers notamment, ou encore dans les région.
Le deuxième élément notable, c’est que le 10 septembre était quand même très jeune. Je pense qu’il y a là…
Auteur: La rédaction

