Avec le Mouv’enfant, vous vous êtes rendus devant Bétharram. Pourquoi, pour vous, est-il important de vous rendre physiquement dans des endroits comme celui-ci ?
Arnaud Gallais : Déjà, pour soutenir les victimes et leur donner un soupçon d’humanité. Il s’est déroulé un massacre de masse dans un établissement et personne ne se bouge. Chez Mouv’Enfants, on est en majorité des victimes ayant survécu à des violences sexuelles dans leur enfance. On sait ce que c’est. Pour nous, le mot d’ordre, c’est la fermeture du collège de Bétharram. C’est une question de dignité envers les victimes. Toutes celles de Bétharram avec qui j’ai parlé m’ont dit : « Moi, si j’ai parlé, c’est surtout pour que plus jamais cela ne se reproduise ». Ce qui signifie que la prise de parole est politique. François Bayrou a voulu ramener ce qu’il se passait à un huis clos local. Mais toute la société est concernée.
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Aujourd’hui, on s’étonne de ce qu’il s’est passé à Bétharram, de ce qu’a pu faire l’abbé Pierre, etc. La Ciase avait déjà établi un rapport sur la pédocriminalité dans l’Église. Quel bilan en tirez-vous ?
Le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église a dénombré au moins 330 000 victimes de pédocriminels. Qu’a fait Emmanuel Macron ? Absolument rien. La seule réaction des pouvoirs publics a été de s’horrifier : « C’est terrible ! ». Et c’est tout. Il n’y a eu que 22 signalements sur les 330 000 victimes. Idem pour le rapport de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles dans l’enfance (Ciivise), dont les 82 recommandations n’ont pas été…
Auteur: Pauline Migevant

