Sorti en salles le 22 janvier 2025, Better Man, le biopic basé sur la vie de Robbie Williams questionne la célébrité en représentant l’artiste sous la forme d’un chimpanzé. Un choix apparemment étrange, qui se révèle très efficace.
Je me souviens encore des sentiments mêlés qui m’habitaient, adolescent en 1997, en achetant Life Thru A Lens, mon premier album de Robbie Williams. J’hésitais, craignant qu’il soit trop « pop » pour s’intégrer dans ma modeste mais grandissante collection de CD d’artistes qui, plus tard, incarneraient la vague Britpop.
Pourtant, l’irrévérence assumée de l’album, mêlée à des moments de vulnérabilité, en faisait quelque chose que je me sentais à l’aise d’intégrer à la bande-son de ma vie d’adolescent. Ces souvenirs me sont revenus en regardant Better Man (2024), le nouveau biopic musical de Michael Gracey. Ce film retrace le parcours de Robbie Williams vers la gloire, tout en explorant sa quête d’authenticité et son sentiment d’inadaptation en tant qu’artiste et individu.
Le chanteur-compositeur est présent tout au long du film, mais hors écran, en tant que narrateur guidant les spectateurs à travers son histoire : son enfance à Stoke-on-Trent auprès de parents divorcés, son intégration et son renvoi du groupe Take That, ses soirées débridées, sa brève idylle avec Nicole Appleton, et sa carrière solo. Le récit, parfois brutalement honnête, n’épargne personne, pas même Robbie Williams.
Les thèmes principaux du film – l’insécurité, la quête d’authenticité et le désir d’acceptation – s’entrelacent tout au long du récit. Comme l’explique Robbie Williams :
« Robbie est devenu un personnage, une façade derrière laquelle je pouvais me cacher. »
Cette phrase offre une clé de compréhension de l’étonnant choix visuel du réalisateur : représenter Williams sous la forme d’un singe en images de synthèse. En effet,…
Auteur: Daniel O’Brien, Lecturer, Department of Literature Film and Theatre Studies, University of Essex

