C’était en août 2020. Dans les rues de Minsk et d’autres villes, un mouvement de protestation d’une ampleur sans précédent agitait la Biélorussie. Des révélations de fraudes massives venaient de lever le voile sur le processus électoral vicié qui promettait d’offrir un mandat de plus à l’indéboulonnable président Alexandre Loukachenko. Pendant quelques semaines, le pouvoir sans partage d’un homme fréquemment surnommé « le dernier dictateur d’Europe » a vacillé devant les marches pacifiques rassemblant des dizaines de milliers de manifestants.
Quatre ans plus tard, on peine à imaginer une répétition de ce grand mouvement, alors que se déroule ce dimanche 26 janvier le premier tour de l’élection présidentielle. Celle-ci doit garantir un mandat de plus – le septième – à Alexandre Loukachenko, aujourd’hui âgé de 70 ans. La répression, selon l’ONU, a poussé 300 000 Biélorusses à quitter leur pays pour des raisons politiques.
Des milliers d’arrestations ont laissé dans les esprits la trace des sévices subis aux mains des forces de l’ordre biélorusses. Plus d’un millier de prisonniers politiques croupissent encore dans les prisons du pays, selon l’organisation de défense des droits humains Viasna.
Cette élection « n’est rien de plus qu’une opération de style militaire conçue pour s’accrocher au pouvoir », a dénoncé la cheffe de l’opposition en exil, Sviatlana Tsikhanouskaya. Cette enseignante d’anglais sans expérience politique avait rallié l’opposition autour de sa candidature à la présidentielle de 2020 – candidature qu’elle avait déposée pour remplacer son époux, l’homme politique Sergei Tsikhanouski, arrêté après avoir annoncé son intention de se porter candidat et toujours en prison.
Dans les hôpitaux, pressions sur les patients
Jugeant la répression trop dangereuse, Sviatlana Tsikhanouskaya a cette fois-ci appelé les Biélorusses à ne pas…
Auteur: Pierre Sautreuil

