Un poulet blanc au trait bleu avec un gros cœur rouge. Juste au-dessous s’affiche la mention « Bien-être animal — filière agricole engagée ». C’est le nouveau logo apposé depuis début septembre sur certains poulets ou morceaux de poulets commercialisés en supermarché. Si la démarche semble louable à première vue, quatre associations dénoncent « une démarche marketing outrancière » et ont annoncé avoir saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), estimant que ce logo crée la confusion chez les consommateurs, voire les trompe.
Le logo a été initié par le groupe LDC, leader français de la volaille qui détient des marques comme Le Gaulois et Maître Coq, et mis en œuvre par le collectif Filière agricole engagée pour élever le bien-être animal. Celui-ci regroupe 80 acteurs de la filière avicole (de l’éleveur au distributeur en passant par les couvoirs et les industriels). Plus de 1 300 éleveurs seraient déjà engagés dans cette démarche, soit près de 20 % de la production française de poulets.
En choisissant un produit étiqueté avec ce logo, le consommateur peut compter sur le respect de cinq garanties « essentielles » en termes de bien-être animal, insistent ses promoteurs : l’animal a été élevé dans un poulailler avec lumière naturelle ; il a bénéficié de plus d’espace grâce à une densité d’élevage inférieure de 10 % aux seuils maximaux autorisés par la réglementation européenne ; le bâtiment est aménagé « pour favoriser les comportements naturels » avec des ficelles, des blocs à picorer ou des substrats végétaux, des perchoirs, voire des bottes de paille ; les exigences sanitaires sont strictes et contrôlées ; les éleveurs et le personnel bénéficient de formation sur le bien‑être et la protection des animaux. Ces mesures « vont au-delà de la réglementation actuelle »,…
Auteur: Fabienne Loiseau
