Faut-il parler de bien-être ou de bientraitance animale ? Bien que proches, les deux expressions ne sont ni équivalentes, ni neutres.
Bientraitance est un terme récent, apparu à la fin du siècle dernier et modelé sur son antonyme maltraitance, lui-même dérivé de maltraiter. Bientraitance signifie en général « fait de bien traiter un enfant, une personne âgée ou dépendante, un malade, etc. ; l’ensemble des bons traitements eux-mêmes ». Il s’applique donc en premier lieu à des humains en situation de vulnérabilité de par leur âge, leur état de santé ou d’autres formes de dépendance.
Pour les animaux non humains, la Commission d’enrichissement de la langue française définit l’expression bientraitance animale de façon comparable :
« Ensemble des dispositions mises en place pour fournir à un animal des conditions d’environnement de nature à contribuer à son bien-être ou à diminuer son mal-être, telles qu’une nourriture, un logement, des conditions de transport et des soins adaptés. »
Des mots proches, mais des perspectives différentes
La tentation est grande d’assimiler bientraitance à bien-être, alors que les perspectives de ces deux termes sont opposées. La bientraitance considère le point de vue de l’individu qui « traite », le bien-être, celui de l’individu « traité ». La bientraitance consiste en un ensemble de pratiques dont le but est d’assurer le bien-être, mais n’y fait pas référence directement : elle est obligation de moyens, pas de résultats. Le bien-être est un objectif de résultats beaucoup plus exigeant que le respect des règles de la bientraitance, règles d’ailleurs définies par les personnes chargées de leur application et qui n’en…
Auteur: Marie-Claude Marsolier, Directrice de recherche en génétique, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

