Par où commencer ? Les tarifs de la billetterie qui excluent les classes laborieuses ; les milliers de kilomètres à parcourir d’un stade à l’autre ; les restrictions, voire les interdictions, de visas pour les voyageurs des pays du Sud ; la politique raciste et LBGTphobe des États-Unis ; la police de l’immigration (ICE) qui promet d’être « là, tous les jours »…
Bienvenue à la Coupe du monde masculine de football 2026 (du 11 juin au 19 juillet). Un événement co-organisé en Amérique du Nord, du moins officiellement, car les États-Unis s’accaparent les trois-quarts des rencontres, laissant les miettes au Mexique et au Canada.
Le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, avait promis « le plus grand spectacle et le plus inclusif de la planète ». Mais quel crédit donner à celui qui avait décerné un « prix de la paix » à Donald Trump, lors de la cérémonie du tirage au sort du tournoi ? En réalité, il fallait entendre tout le contraire.
Au moins 2790 dollars le billet pour la finale
En 1994, la première édition du Mondial organisé aux États-Unis avait constitué un record d’affluences cumulées et donc une juteuse opération pour la Fifa. Hors match d’ouverture, les tickets d’entrée pour une rencontre du premier tour coûtaient 25 ou 30 dollars et jusqu’à 65 ou 75 dollars pour les sésames les plus chers. C’était encore relativement accessible (de 50 à 150 euros constants).
Trois décennies plus tard, les tarifs ont explosé. « C’est la Coupe du monde la plus lucrative et mercantile de l’histoire », résume Jean-Baptiste Guégan, enseignant en géopolitique du sport. En 2026, la grande majorité des billets ont été mis en vente à plusieurs centaines de dollars l’unité. Une folie ? Pas du point de vue cynique de la Fifa, en comparaison aux tarifs de la NBA, la ligue de basket nord-américaine (à plus de 3000 dollars la…
Auteur: Barnabé Binctin, Florian Lefèvre

