Bio dans les cantines : l'État n'applique pas ses propres règles

En théorie, au moins 50 % de produits durables doivent être servis dans la restauration collective, dont 20 % issus de l’agriculture bio. Dans les faits, cette disposition prévue par la loi Egalim depuis le 1er janvier 2024 est loin d’être appliquée partout, comme Reporterre l’expliquait récemment pour les cantines scolaires.

Pire : dans ses propres cantines, l’État ne respecte pas les objectifs qu’il impose aux autres. C’est ce que dénonce un coalition de cinq associations — Notre Affaire à Tous, Générations futures, Bio Consom’acteurs, Agir pour l’environnement et le Collectif les pieds dans le plat — dans un communiqué publié le 17 septembre. « Dans ses restaurants collectifs, seuls 12,8 % des achats déclarés sont bio, contre un objectif légal de 20 %. Après sept ans d’application insuffisante d’Egalim et en l’absence de contrôle effectif, la coalition demande à l’État de se mettre en conformité », écrivent les ONG. À défaut de réponse sous deux mois ou si la réponse n’est pas satisfaisante, elles saisiront la justice.

Seulement 12,8 % de produits bio

La demande vise l’ensemble des cantines relevant de la responsabilité directe de l’État, comme les restaurants administratifs, les restaurants du Crous ou des grandes écoles publiques, les restaurants des prisons ou encore des entreprises publiques (SNCF, La Poste). Si 83 % des restaurants collectifs ont réalisé leur déclaration d’approvisionnements sur la plateforme
gouvernemental dédiée (MaCantine), seuls 35,4 % des produits sont considérés durables et de qualité, dont 12,8 % sont bio.

Pour la coalition, la commande publique est un levier majeur pour répondre à l’urgence agricole : « Elle peut sécuriser des volumes, offrir de la visibilité aux exploitations, stabiliser les revenus et structurer durablement les filières biologiques et locales. »

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