Bio, en pleine terre… À Plougastel, les fraises font de la résistance

Plougastel-Daoulas (Finistère), reportage

La brise vient de la mer, à quelques vallons, au sud-ouest de la presqu’île de Plougastel. Elle caresse les herbes hautes, avant de se glisser dans les tunnels tapissés de vert et de rouge. Un parfum familier embaume, une odeur fruitée qui rappelle les souvenirs d’enfance et les plaisirs d’un bon dessert enrobé ou glacé. À Plougastel-Daoulas, les effluves des fraiseraies font partie du quotidien depuis plus de trois siècles. « L’été, on peut les sentir en se promenant dans les chemins environnants. Elle s’échappe par les côtés des tunnels. En général, c’est bon signe », sourit Aude Burger-Cuzon.

Les pas de la productrice foulent la terre des ancêtres de son compagnon, Benoît. Un homme taiseux, qui garde toujours un œil sur ses fraises. Ces faux fruits (les pointes, sur les fraises, sont en réalité les fruits) ont toujours poussé ici, dans ces champs du hameau du Vern, au sud de Plougastel-Daoulas, depuis plus de trois générations. « Nous avons nommé notre exploitation Lapic sivi, en hommage au nom des cabanes utilisées autrefois pendant la cueillette ». Des tunnels sont installés de part et d’autre de cette fraiseraie d’un hectare. Plusieurs variétés — capriss, flair, ciflorette et dream — y poussent bien au chaud sous un parterre de bâches noires aux traits verts en pleine terre et en bio. Un choix qui tranche par rapport à leurs confrères voisins, parmi lesquels 90 % ont choisi le « jardin suspendu », autrement dit, en hors-sol.

Il n’existe pas qu’une fraise de Plougastel. Sa renommée provient de ses multitudes de variétés cultivées au bout de la pointe bretonne. Ici, de la capriss, produite par les époux Cuzon. © Antoine Irrien / Reporterre

Le bassin de Plougastel-Daoulas, berceau de la fraise bretonne, s’étend sur plusieurs communes voisines. Entre 200 et 250 fraisiculteurs y produisent 2 000 à 3 000 tonnes de fraises chaque année. Une grosse partie d’entre eux travaillent sous d’imposantes serres, dont beaucoup sont régulièrement chauffées l’hiver, pour la marque de la Société maraîchère de l’Ouest (SMO), Savéol, également leader du marché de la tomate française. Son siège se situe non loin de là, en bordure de la voie express reliant Brest à Quimper. Une place énorme, qu’elle partage avec le groupe Le Saint, et qui a amené seulement 10 % des producteurs de la zone à cultiver dans l’indépendance. Une poignée de fraisiculteurs ont choisi la pleine terre, en conventionnel. Et les époux…

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Auteur: Reporterre

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