Biodiversité : chefs d'État et médias boudent la COP17, symptôme d'un désintérêt manifeste

Déforestation, extinction des espèces, monocultures… Partout dans le monde, l’état de la biodiversité est alarmant. L’indifférence que suscite cette érosion est tout aussi inquiétante. Alors que s’ouvre le 19 octobre la 17e réunion de la Conférence des parties (COP17) sur la biodiversité à Erevan, en Arménie, des scientifiques et acteurs préoccupés par le vivant déplorent la faible place qu’occupe cet effondrement dans le débat public.

La mobilisation est timide, en comparaison à celle que suscitent les enjeux climatiques, y compris au moment de la réunion internationale biennale. En témoignent la faible couverture médiatique ou encore l’absence de dirigeants de premier plan au rendez-vous. « Un cercle vicieux, estime Clément Helary, chargé de campagne forêts à Greenpeace France. Moins il y a d’attention politique, moins il y a d’attention médiatique. Si Emmanuel Macron se rendait en Arménie, on parlerait certainement davantage de cette COP. »

Des chefs d’État absents

Sur les 196 membres de la convention, seule une dizaine de chefs d’État est attendue. Emmanuel Macron n’en fait pas partie. La ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité, Monique Barbut, s’y rendra les derniers jours, du 28 au 30. La délégation française sera représentée par l’ambassadrice à l’environnement, Barbara Pompili. En comparaison, à la dernière COP pour le climat, un peu moins de 60 chefs d’État avaient répondu présents. En 2015, ils étaient même 142.

La raison de ce désintérêt manifeste ? « Quand vous êtes un chef de l’État ou un ministre, il y a moins d’enjeux réputationnels en allant à cette COP, puisqu’elle est moins commentée », explique Philippe Grandcolas, écologue et directeur de recherche au CNRS. Ils sont ainsi moins soumis à la pression de la société civile.

« Pour un chef de l’État ou un ministre, il y a moins d’enjeux réputationnels en…

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Auteur: Fatoumata Sillah