Biodiversité : les pays riches refusent de passer à la caisse

Cali (Colombie), reportage

« Les pays les plus dangereux de la planète sont ceux qui émettent le plus de CO2, c’est-à-dire les pays riches. Ce sont eux qui nous tuent », a dénoncé le président colombien Gustavo Petro en ouverture du sommet des chefs d’État et ministres de la COP16, à Cali, le 29 octobre. M. Petro a ouvert la séquence la plus politique du sommet de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la biodiversité en pointant ce qui semble être, comme souvent, le point d’achoppement des négociations : les intérêts des pays du Nord face à ceux des pays du Sud.

Cette 16e conférence mondiale de la biodiversité, qui entre dans sa phase finale, doit notamment évaluer les objectifs fixés par les 196 membres de la Convention — dont les États-Unis ne font pas partie — suite aux engagements pris à Montréal en 2022.

Il s’agit de prendre des mesures pour aider les pays à remplir leurs engagements, comme la protection de 30 % des terres et des mers, la réduction de l’usage de pesticides, ou le transfert annuel par les pays les plus riches d’au moins 20 milliards de dollars (18 millions d’euros) par an à l’horizon 2025 au Fonds mondial pour la biodiversité (GBFF en anglais), destiné aux pays en développement.

Le secteur privé absent des financements

Ce fonds, créé en 2022, a été timidement approvisionné depuis sa création. À Cali, huit gouvernements, dont la France, se sont engagés à l’alimenter à hauteur de 163 millions de dollars (151 millions d’euros), élevant sa dotation totale à 400 millions de dollars (370 millions d’euros). Soit très loin de l’objectif affiché à Montréal.

En 1992, si la Convention sur la diversité biologique avait ciblé des pays dits donateurs, « cette sélection se basait sur les économies de l’époque. Depuis, certains pays sont devenus très riches et pourraient contribuer, notamment…

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Auteur: Sarah Krakovitch

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