Biodiversité : l'hypocrisie antiscience de la France

Dire une chose, faire l’exact inverse. Cette définition possible du macronisme s’applique avec une sinistre acuité aux politiques gouvernementales sur la biodiversité. Depuis des années, celles-ci détruisent le vivant tout en prétendant le défendre et agir au nom de la science, dans un sidérant renversement de la logique et du langage.

La COP17 sur la biodiversité, qui se tient en Arménie du 19 au 30 octobre, en constitue une nouvelle illustration. À propos des objectifs de la France de préserver la biodiversité, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a ainsi déclaré : « Cette ambition doit reposer sur un socle solide : la science. » Un comble dans la bouche de celle qui a brillé par son silence sur les effets délétères des néonicotinoïdes dans l’environnement lors des débats sur leur réintroduction.

L’incohérence, les discours antiscience et les politiques antibiodiversité sont devenus ces dernières années la marque de fabrique du gouvernement français, comme n’a cessé de le documenter Reporterre. Retour en quelques exemples emblématiques sur cette politique de manipulation permanente.

• Pesticides : un discours antiscience

La loi Duplomb et la loi d’urgence agricole, votées en 2025 et 2026 ont notamment eu pour objet la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, délétères pour la biodiversité, et notamment pour les insectes pollinisateurs. Cette décision a été prise en contradiction flagrante avec les nombreuses alertes de scientifiques sur la dangerosité de ces produits. Le tout alors que des alternatives existent déjà.

De l’extrême centre à l’extrême droite, les promoteurs de ces lois ont ignoré ces alertes de la science, arguant des incertitudes entourant encore les connaissances sur les effets de ces pesticides, et s’appuyant notamment pour cela sur les avis de l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des…

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Auteur: Magali Reinert, Vincent Lucchese