Biodiversité : mais où sont passés les moineaux qui piaillaient autrefois dans les villes ?

Ils se faufilaient entre les pattes des pigeons, se disputant les miettes à grand renfort de piaillements. À tel point que certains enfants pensaient que les moineaux étaient les enfants des pigeons ! Effrontés, toujours en bande, les moineaux semblaient alors faire partie du paysage urbain. Mais, depuis quelques années, leur présence se fait de plus en plus rare.

En quarante ans, 277 millions de moineaux domestiques ont disparu en Europe, soit environ la moitié de leur population. À Paris, la chute est encore plus vertigineuse : leurs effectifs ont diminué de 80 % en vingt ans, selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

Un déclin aux causes multiples

Sédentaire, le moineau domestique n’est pourtant pas du genre à quitter son quartier. Pendant longtemps, il profitait de la proximité avec l’homme pour nicher. Une tuile soulevée, une cavité dans un mur ou un recoin de toiture lui suffisaient. Mais les nombreuses rénovations des façades réduisent ses possibilités pour s’installer. Les buissons, où les bandes se rassemblent et se mettent à couvert, cèdent eux aussi du terrain au goudron. La disparition de ces abris et des sites de nidification figure parmi les premières raisons de leur effacement en ville, selon la LPO.

La raréfaction des insectes complique également le nourrissage des jeunes. Si les adultes consomment notamment des restes alimentaires, des graines et des bourgeons, les insectes représentent 80 % de l’alimentation des oisillons. Les parents doivent donc trouver suffisamment de chenilles, de pucerons et d’autres petites proies pour nourrir leurs nichées. Une ressource de plus en plus rare en zone urbaine.

À la campagne, l’agriculture intensive et l’usage des pesticides contribuent aussi à réduire les ressources alimentaires. Le moineau friquet, davantage présent en milieu rural, connaît lui aussi un déclin. Ses effectifs ont diminué de 73 % en France…

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Auteur: Inès Simondi