Birmanie : dans la solitude des champs de pavot

Tous les week-ends, après sa semaine d’école, la petite Nuka travaille 12 heures par jour dans les champs de pavot à opium. La fillette aux cheveux noirs coupés court n’est pas plus grande que les tiges brunes parmi lesquelles elle circule à toute vitesse. On la perdrait de vue si elle ne portait pas une polaire rose décorée de petits lapins.

À la fin de la saison de la récolte, en ce début de mois d’avril, son labeur consiste à arracher les têtes séchées de leur queue pour récupérer des graines marron qui seront replantées l’année prochaine. « J’aide ma famille pour qu’on puisse manger, mais je continue d’aller à l’école au camp de réfugiés la semaine. J’aime les mathématiques », assure la gamine, âgée de 11 ans, en continuant son quadrillage du champ pour n’oublier aucun bulbe.

En Birmanie, la guerre civile a commencé après le coup d’État militaire de 2021 et aurait déjà fait plus 50 000 morts selon des estimations datant de 2024. L’ONU indique que plus de 3,5 millions de personnes ont été déplacées, fuyant vers les régions périphériques contrôlées par les rebelles pro-démocratie, opposés au pouvoir. Comme dans l’État Shan, non loin de la Chine, du Laos et de la Thaïlande, situé au beau milieu du Triangle d’or.


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Dans cette vallée montagneuse enclavée, deux silhouettes veillent sur la petite Nuka en lui expliquant les bons gestes. Lin Twee, sa tante, et Lei, une femme plus âgée, portent des moufles en laine usées par le temps et les récoltes successives. Dans cette exploitation, les trois agricultrices sont payées environ 10 euros par jour pour récolter le pavot. Une besogne usante et répétitive : « J’ai mal au…

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Auteur: Pierre Terraz

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