Une frappe aérienne de l’armée birmane contre un monastère où des civils étaient réunis pour une retraite de méditation a fait 14 morts, ont indiqué samedi 22 août deux témoins qui se sont rendus sur place après coup.
Survenue vendredi vers 9 heures (heure locale) près de la commune de Myaung, dans le centre du pays en proie à une guerre civile, l’attaque a tué onze hommes et trois femmes, selon Nway Oo Myaung, un rebelle prodémocratie ayant participé à l’évacuation des corps.
« Comme le veut notre tradition pour le Carême bouddhique, des personnes âgées étaient entrées pour trois mois au centre de méditation », a-t-il expliqué. « Les victimes avaient entre 50 et 70 ans », a-t-il ajouté. « Ce n’était pas une erreur de cible, ils ont intentionnellement attaqué un monastère ».
Un second combattant local, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité, a confirmé samedi le bilan humain de la frappe aérienne. « Cinq des morts venaient de notre village et les neuf autres de villages voisins », a-t-il dit. « Alors que nous tentions de secourir des gens, l’appareil est revenu bombarder une seconde fois. »
Il n’a pas été possible dans l’immédiat de joindre l’armée birmane pour un commentaire. Plus de 100 000 personnes ont été tuées, tous camps confondus, depuis le début de la guerre civile en Birmanie, déclenchée en 2021 par un coup d’État militaire qui a renversé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi.
Rapport onusien
Des enquêteurs de l’ONU ont publié la semaine dernière un rapport accusant les militaires d’avoir intensifié leurs frappes aériennes contre les civils. « La fréquence et l’intensité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’armée birmane et par divers groupes armés n’ont cessé de s’aggraver », ont-ils souligné.
Le gouvernement birman a rejeté ces…
Auteur: La Croix (avec AFP)
