BlackRock est le numéro 1 mondial de la gestion d’actifs : 10 646 milliards de dollars fin juin 2024, un record. La richesse produite en 2023 en France, à titre de comparaison est de 2 806 milliards d’euros : c’est dire ! BlackRock propose et investit dans toute la gamme de placements qu’il s’agisse d’actions, d’obligations, de produits alternatifs, même si la société est très connue pour son offre d’ETF (exchanged-traded funds, produits d’investissement low cost dupliquant des indices boursiers) avec un encours de 3 886 milliards de dollars à la fin juin 2024.
Malgré tout, BlackRock n’est pas le propriétaire de ces fonds : l’entreprise agit pour le compte d’autrui, celles et ceux qui placent leur argent et décident sur quel type de support ils souhaitent se positionner. Son chiffre d’affaires propre, principalement composé des frais de gestion de ces actifs, n’est « que » de 18,6 milliards de dollars pour un bénéfice de 5,5 milliards en 2023.
Une omniprésence finalement modeste
L’importance des fonds gérés conduit BlackRock à investir dans le monde entier avec une prépondérance des Amériques, 67 % à la fin juin 2024, mais aussi dans les zones EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique, 25 %) et Asie-Pacifique (8 %). En France, le groupe, avec ses filiales, détient en moyenne 3,43 % d’une entreprise du CAC 40. Il est en outre présent dans chaque société.
Les chiffres semblent modestes, mais compte tenu du métier de BlackRock, c’est tout à fait logique : il n’y a pas d’objectif de prise de contrôle, mais une volonté de diversifier les portefeuilles investis. Compte tenu de la gestion indicielle via notamment des ETF, dès lors que les entreprises appartiennent à un indice qui sert de référence à un support d’investissement, BlackRock doit prendre des positions au sein de ces sociétés. C’est le cas des entreprises du CAC 40.
Des tiers qui imposent leur loi
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Auteur: Jérôme Caby, Professeur des Universités, IAE Paris – Sorbonne Business School

