Depuis 2017, le président de la République Emmanuel Macron a déployé une activité particulièrement intense dans le domaine des politiques mémorielles, avec le lancement d’une série de missions censées rompre les non-dits et faire la lumière sur des passés douloureux conjointement avec les pays concernés (Algérie, Rwanda, Cameroun, Madagascar….). Analyse sans complaisance d’une stratégie de « blanchiment de la mémoire » avec les historiens Thomas Deltombe et Sébastien Ledoux.
Les questions de mémoire ont pris une place importante en France dans le débat public à partir des années 1980. Après Vichy et la Collaboration, c’est le passé colonial qui est désormais en cause le plus souvent, avec pour enjeu brûlant les discriminations structurelles héritées dans le présent. Les controverses se développent en particulier lors des déboulonnages ou tentatives de déboulonnages de statues à la gloire de « héros » de la colonisation, c’est-à-dire de responsables d’exactions et de massacres d’indigènes comme les généraux Bugeaud ou Faidherbe.
Depuis 2017, le président de la République Emmanuel Macron a déployé une activité particulièrement intense dans le domaine des politiques mémorielles, avec le lancement d’une série de missions censées rompre les non-dits et faire la lumière sur des passés douloureux conjointement avec les pays concernés (Algérie, Rwanda, Cameroun, Madagascar….). La colonisation a été « un crime contre l’humanité », déclarait-il lors de sa première campagne présidentielle, mais, en même temps, disait-il quelques années plus tard, il y a entre la France et l’Algérie « une histoire d’amour » (qui certes « a sa part de tragique »)… Ce type de jeu rhétorique avec les contraires est emblématique d’une manière de faire qui radicalise les tendances observables dans le traitement des questions mémorielles par les pouvoirs publics en France depuis la fin du siècle dernier.
Pour ce nouvel épisode de La…
Auteur: Le Média

