Le 12 juin, à l’appel de l’Institut de géographie imaginaire (IGI) de Saint-Jean-du-Doigt, et dans le cadre des Rivages en feu, nous sommes une petite quinzaine à nous retrouver, à 20h30, sur le parking désert du cairn de Barnenez, sur la commune de Plouézoc’h (29). Notre ambition : gagner l’extrémité nord de la pointe, descendre sur la plage et, avec la baie de Morlaix devant nous, rendre hommage à Louis-Auguste Blanqui, qui passa presque une année de sa vie enfermé là, au milieu des flots, dans le tristement célèbre fort du Taureau.
Après le quart d’heure d’attente réglementaire, notre cortège se met en branle et, après avoir traversé le hameau de Barnenez, désert lui aussi, s’effiloche le long du sentier incliné qui rejoint le GR. Dans nos sacs : quelques vivres pour pique-niquer, à boire et, pour certaines, les ouvrages de Blanqui. Car, à en croire le texte de présentation de la soirée, il est question que nous fassions entendre, face à ce qui fut sa prison, le texte même – météorite littéraire et métaphysique – qu’il y écrivit : L’Éternité par les astres.
Le ciel se couvre lentement, nous laissant peu d’espoir d’entrevoir les constellations, quand bien même il se déchirait encore çà et là, une demi-heure plus tôt, recouvrant les eaux de la baie de flaques de vif-argent.
Après avoir pris soin de laisser quelques flèches imprimées derrière nous, pour guider d’éventuelles retardataires, notre petite communauté descend sur la grève, face à l’île Stérec. C’est là, dans les galets, à quelques mètres à peine du clapot de la mer, que les organisateurices de la soirée nous invitent à prendre place.
Après un rapide rappel de ce qui nous attend, et alors que le jour entame son déclin, on nous annonce que le buffet est ouvert. Longue vie aux auberges espagnoles ! Les plats, d’une appétissante variété, passent de main en main et de bouche en bouche. Deux retardataires justement nous…
Auteur: dev

