Les anarchistes, qui n’ont de respect pour aucune entité, disent ce qu’ils pensent de toute chose et se rient d’être appelés blasphémateurs. La crainte du blasphème, en effet, a été imaginée par les puissants pour faire respecter par la masse toutes les idoles néfastes : Dieux, Patrie, État, Propriété, etc… »
Tout cela, comme la plupart du temps chez Sébastien Faure et alii (l’ouvrage est collectif), est joliment dit.
Je veux dire que c’est exprimé sans ronds de jambes ni ambages.
Le roboratif Littré, vaste et prestigieux dictionnaire conçu par Émile Littré (1801-1881), aura défriché le potager du chiendent inutile, donnant comme exemple Bossuet, au XVIIe siècle : « Il vomit des blasphèmes contre le Très Haut », et puis Racine (même période) « Une femme… peut-on la nommer sans blasphème ? » Racine, Athalie. II, 2.
C’est, par exagération, un propos qui outrage. « Il disait qu’on n’avait jamais proféré un si grand blasphème contre l’amitié. » Le Dictionnaire de l’Académie française (diverses éditions) emprunte les mêmes chenaux : « Parole qui outrage la Divinité ou qui insulte à la religion. Blasphème horrible, exécrable. Proférer un blasphème. Dire un blasphème. »
Le Trésor de la langue française informatisée. http://www.atilf.fr/tlfi, ATILF – CNRS, renvoie d’emblée à Bernanos – serait-ce à ses saints que l’on reconnait le Seigneur ?
« Oh ! La révolte qui s’épuise d’elle-même en injures, en blasphèmes, cela n’est rien, peut-être ?… La haine de Dieu me fait toujours penser à la possession. » Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne,1936.
Une atteinte à la pureté
Si la notion de blasphème1 désignait à l’origine le fait de « parler mal de quelqu’un, injurier, calomnier », elle prit progressivement un sens plus restreint pour ne plus concerner que l’injure appliquée au fait religieux. La France sera le premier État…
Auteur: Alain Georges LEDUC

