Blessés à Sainte-Soline : Serge, entre la vie et la mort, « sali » par les médias

La chasse au scoop se fait parfois aux dépens des faits (et de la décence). Moins d’une semaine après la mobilisation contre les mégabassines de Sainte-Soline, qui a fait, selon les organisateurs, plus de 200 blessés (dont 40 graves parmi les participants), plusieurs médias ont tenté d’établir le « profil » de Serge, l’un des manifestants aujourd’hui dans le coma. Avec un seul angle : la « fiche S » (pour « sûreté de l’État ») qui lui aurait été attribuée en 2010 par les services de renseignement pour son appartenance à l’ultragauche radicale, et son inculpation dans une affaire de « saccage » des locaux de la protection judiciaire de la jeunesse de Labège (Haute-Garonne) en 2011. Une présentation partielle et fallacieuse, dénoncent les proches du jeune homme à Reporterre.

Une large partie des articles consacrés par Le Parisien, BFMTV, et Europe 1 à Serge se focalisent sur sa mise en cause dans « l’affaire de Labège », il y a douze ans.

Rembobinons. Le 5 juillet 2011, une dizaine de personnes non identifiées ont pénétré dans les locaux de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse de Labège, dans la banlieue de Toulouse, afin de dénoncer la politique d’incarcération des mineurs. Le petit groupe a renversé du lisier sur du mobilier de bureau et tagué des slogans sur les murs avant de s’enfuir. Au cours de l’action, une employée a été aspergée de gaz lacrymogène.

Non coupable

Dans les mois qui ont suivi cette action, des moyens importants ont été déployés par les gendarmes pour retrouver les activistes. Sept lieux de vie ont été perquisitionnés, une quinzaine de personnes interpellées, et quatre placées en détention provisoire à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses. Un collectif a rapidement été créé en soutien aux inculpés, contre lesquels les preuves étaient « minces », relevait la Dépêche du Midi à l’époque du procès.

Le Parisien, BFM-TV et Europe 1 indiquent tous que Serge faisait partie des personnes placées en détention provisoire… En omettant de mentionner qu’il a été relaxé, précise sa famille à Reporterre. À l’issue du procès, trois inculpés — dont Serge — avaient été jugés non coupables, un autre avait été condamné à trois mois de prison ferme (déjà effectués pendant sa détention provisoire), et un dernier avait écopé de trois mois de sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois, selon un communiqué publié par les concernés en 2016. Cette information a été confirmée à Reporterre par des proches de Serge qui le connaissaient déjà à l’époque de cette affaire.

L’évocation récurrente, par les médias cités plus haut, de la « fiche S »

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Gaspard d’Allens, Hortense Chauvin Reporterre

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