À chaque flambée du pétrole, la même tentation revient : bloquer les prix à la pompe. Le mot est simple, politiquement efficace, et donne l’impression d’une protection immédiate. Dès les premiers jours de la guerre en Iran déclenchée par Donald Trump et Benyamin Netanyahou, certains partis politiques ont immédiatement appelé à bloquer les prix en France. En France, la presse s’est également fait écho d’autres pays, comme la Hongrie, la Grèce ou la Croatie qui auraient bloqué les prix, donnant ainsi aux défenseurs des blocages un argument douteux : “d’autres l’ont fait en Europe”.
Mais qu’en est-il réellement et quelles ont été les conséquences? En regardant plus précisément de près la mise en œuvre de ces blocages de prix, nous découvrons que comme souvent, la réalité est plus complexe que ce qui a pu être relayé.
Cet article propose donc de regarder comment ce qui a été appelé un “blocage des prix à la pompe” a été appliqué en Grèce, en Croatie et en Hongrie, tout en rappelant que la vraie solution, tristement absente des débats, serait avant tout de moins dépendre des importations de pétrole pour moins subir les soubresauts de la géopolitique mondiale
En Grèce, pas de blocage des prix, mais un plafonnement des marges des distributeurs
Contrairement à ce qui a été dit dans certains débats, la Grèce n’a pas bloqué les prix du carburant. ll a en revanche été décidé, pour trois mois, que les distributeurs de carburants ne pourraient pas prendre plus de 12 centimes par litre au-dessus du prix de gros. C’est donc un plafond de marge, pas un plafond de prix final.
La nuance est essentielle. Si le pétrole ou les produits raffinés flambent, le prix de gros augmente, et le prix à la pompe peut continuer à augmenter lui aussi. Ce plafonnement de marge ne concerne même pas les raffineries qui peuvent continuer à appliquer librement leurs marges de…
Auteur: Nicolas Goldberg

