L’autorité de régulation des communications de l’île Maurice a récemment bloqué l’accès aux plateformes de réseaux sociaux jusqu’au lendemain des prochaines élections générales, prévues pour le 10 novembre 2024. La décision a été annulée un jour plus tard. Néanmoins, cette décision en a surpris plus d’un, l’île Maurice étant souvent présentée comme un modèle de démocratie en Afrique.
Roukaya Kasenally, spécialiste de la démocratie et des médias avec un accent particulier sur l’île Maurice, s’est entretenue avec The Conversation Africa sur cette coupure, ses raisons et partage ses appréhensions sur l’état de la liberté dans ce pays.
Pourquoi le gouvernement a-t-il bloqué les réseaux sociaux ?
L’interdiction des réseaux sociaux était sans aucun doute directement liée aux fuites de clips audio. Ceux-ci ont mis en lumière des conversations présumées entre un certain nombre de personnes clés, dont le Premier ministre Pravind Jugnauth, le commissaire de police, des ministres et des membres du judiciaire. Certaines de ces conversations portaient sur des questions sensibles, telles que les brutalités policières et l’ingérence institutionnelle.
La principale justification invoquée pour cette interdiction était la sécurité nationale, car des conversations du Premier ministre avaient été interceptées sur sa ligne privée et sécurisée et avaient été partagées sur les réseaux sociaux.
Le Premier ministre a d’abord rejeté les fuites en les qualifiant de trafiquées par l’intelligence artificielle. Mais la couverture des fuites a commencé à prendre de l’ampleur, et c’est à ce moment-là que l’interdiction des médias sociaux a été imposée. Elle a été levée dans les 24 heures qui ont suivi, suite à un énorme tollé tant au niveau local qu’international.
Une interdiction des médias sociaux s’est-elle déjà produite auparavant ?
C’est la première fois que les réseaux sociaux sont interdits à…
Auteur: Roukaya Kasenally, Democracy scholar and Associate Professor in Media and Political Systems, University of Mauritius

