Blocage des réseaux sociaux : le gouvernement en pleine dérive sécuritaire

Comment appelle-t-on un pays dont le gouvernement veut bloquer l’accès aux réseaux sociaux pour l’ensemble de sa population ? Depuis la mobilisation du 17 octobre, les grandes plateformes sont dans le viseur de nos dirigeants. 

La première offensive est venue de Gabriel Attal. « Lors des émeutes, nous devons pouvoir bloquer temporairement et de manière ciblée l’accès à certaines plateformes pour stopper l’effet de meute », a-t-il déclaré sur RTL le 19 octobre. Avant d’être repris en cœur les jours suivants par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez (« Ces réseaux sociaux, cela devient une véritable problématique, et il y a une autre piste, c’est cette possibilité (…) de suspendre l’utilisation des réseaux ») et Emmanuel Macron (« Les réseaux sociaux abîment notre démocratie (…) Ce sont des instruments de mobilisation du pire »).

Selon un courrier révélé par nos confrères de Blast, Sébastien Lecornu a quant à lui personnellement demandé, deux jours avant le mobilisation du 24 octobre, à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X le jour J. En parallèle, selon L’Informé, le premier ministre a écrit aux réseaux sociaux pour leur demander de limiter la diffusion de certains contenus par le biais de fonctionnalités comme le live ou la géolocalisation. La suspension ne s’est pas produite, mais d’après les informations de RMC, le groupe Meta (Instagram, Facebook, WhatsApp) a mis en place une équipe dédiée à la modération des contenus en lien avec les manifestations, le tout en étroite collaboration avec les autorités françaises. 112 contenus constituant des « appels à la violence » ont été retirés dans ce cadre. Décryptage d’un long glissement sécuritaire.

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Auteur: Sophie Kloetzli