« Soyons des centaines, des milliers à brandir la maladie. » Tel est l’appel de Cancer Colère pour la mobilisation internationale contre les pesticides, samedi 3 octobre autour d’un site du groupe agrochimique Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure). Ses membres y défileront avec des étendards portant le prénom, la pathologie et l’âge de leurs camarades absents — trop affaiblis ou morts.
« Ces personnes seront présentes par procuration, on va porter leur colère à bout de bras » contre « ce système industriel, agricole et chimique [qui] nous empoisonne », dit Fleur Breteau, fondatrice de Cancer Colère. Une manière de transformer une épreuve intime en combat politique, comme d’autres mobilisations de personnes malades ou handicapées avant elle.
Des autocollants aux blocages d’usines
Le collectif est né en février 2025. Fleur Breteau faisait alors face à un deuxième cancer du sein. « Je suis en chimiothérapie et je découvre des sénateurs se réjouir d’avoir adopté la loi Duplomb qui prévoyait la réintroduction de l’acétamipride. […] Et je me dis : comment on va faire pour guérir dans une société qui nous empoisonne un peu plus chaque jour ? » raconte l’activiste.
En plein traitement, elle s’est mise à réaliser des petits dessins politiques — une banane au chlordécone, des groupes de l’agrochimie avec slogan « mon cancer porte un nom », des têtes nues qui crient « les industriels nous empoisonnent ». Des stickers qui ont fleuri dans les toilettes de l’institut Gustave-Roussy, puis d’autres hôpitaux au fur et à mesure que des malades rejoignaient le mouvement.
Très vite, le collectif, qui compte désormais 24 antennes locales, s’est distingué par des actions éruptives, en rupture avec l’image féminine, souriante et consensuelle d’Octobre rose.
En juillet 2025, après avoir assisté au vote définitif de la loi Duplomb depuis les tribunes de…
Auteur: Émilie Massemin
